Aide à domicile et personnes âgées dépendantes : Enquête de UFC Que Choisir

Avec une espérance de vie de plus en plus longue, le recours au service à la personne devient incontournable. Mais est-il réellement adapté aux besoins ? L’UFC Que Choisir s’est penchée sur la question.

Suite à deux newsletters, 375 réponses (6 sur 10 rédigées par un proche) ont été analysées et révèlent d’inquiétant manques dans le domaine de l’aide à domicile pour personnes âgées dépendantes.

Infographie : Les aides à domicile pour les personnes âgées dépendantes

Service à la personne : pourquoi et pour qui ?

Sur les 3 types de services d’aide à la personne proposés on compte :

  • 91 % des personnes interrogées qui ont recours aux aides à la vie quotidienne : ils concernent les petites travaux du quotidien comme le ménage, le jardinage, le bricolage…
  • 78 % font appel à l’aide à la personne : ils regroupent tous les actes du quotidien tel que se lever, s’habiller, la toilette, les repas…
  • 40 % des sondés demandent un accompagnement : pour les sorties, les courses, s’occuper des démarches administratives etc.

C’est le degré de la perte d’autonomie qui influence ce besoin d’aide. L’enquête révèle toutefois que ce sont une majorité de femmes (dont l’espérance de vie est la plus élevée) qui y ont recours avec un âge moyen de 81 ans. Dans un quart des cas, les personnes bénéficiaires de ces aides ont un haut degré de dépendance (seuil Gir 1-2 selon la grille Aggir), bien qu’1 personne interrogée sur 3 admettent ignorer le niveau Gir du bénéficiaire. Une information problématique lorsque l’on sait que la somme allouée par les aides financières se basent sur ce classement.

Pas assez d’heures pour une budget trop élevé

Ce qui ressort de cette enquête c’est le coût de ces prestations lorsqu’il est comparé au besoin réel des personnes questionnées.

La moyenne de 56 h par mois (soit environ 1,9 h par jour) est jugée trop faible par 1 bénéficiaire sur deux. Pas moins de 27 h supplémentaires par mois seraient nécessaires pour combler parfaitement les besoins, mais les portes-monnaies ne suivent pas.
Les tarifs varient en fonction de l’employeur, mais l’enquête estime que pour 70 h d’aide mensuelle il sera nécessaire de débourser entre 910 € (travail direct) et 1 540 € (organisme commercial), une somme colossale au regard des retraites, même en prenant en compte les aides financières telles que l’APA (allocation personnalisée d’autonomie).
Ces aides, pourtant encouragées par les pouvoirs publics, ne correspondent souvent pas aux besoins des personnes dépendantes et selon l’enquête, il resterait en moyenne 600 € à charge du bénéficiaire.

L’exemple suivant y est mentionné :

Le cas de Marie-Rose est emblématique à cet égard. À 103 ans, et malgré une perte d’autonomie presque totale, la vieille dame vit toujours chez elle. Le plan d’aide proposé par le conseil départemental lui alloue, via l’APA, 48 h par mois d’aide à domicile, mais le ticket modérateur qui reste à sa charge s’élève à 336 € auxquels s’ajoute le financement à 100 % de 18 h complémentaires, soit 696 €, ainsi que 300 € pour le portage des repas. Si l’on ajoute les frais incompressibles (mutuelle, taxe foncière, produits d’hygiène, entretien de la maison…), le montant qu’elle doit débourser chaque mois représente environ 1 800 €, soit presque le double de sa pension de retraite (900 €).

La récente mise en place de l’ASV (adaptation de la société au vieillissement) promet d’augmenter la somme maximale des plans d’aide au titre de l’APA, mais avec une population vivant toujours plus longtemps difficile les besoins devront certainement être revus à la hausse.

 

Source : Personnes âgées dépendantes (infographie)

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